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Voilà une histoire qui flirte avec le roman, une sorte de Moby-Dick transposé en
Corée. La même année que la parution du chef-d’oeuvre de Melville, au coeur de
l’âge d’or de la chasse aux cétacés, un baleinier français, le Narwal, s’échoue
au large de la péninsule coréenne, le 2 avril 1851. Du 20 avril au 8 mai,
Charles de Montigny, premier consul de France à Shanghai, mène une expédition de
sauvetage qui tire l’équipage d’affaire. Ces péripéties en terra incognita,
interdite aux étrangers, s’achèvent non par un affrontement tragique, mais par
un banquet mémorable avec les autorités locales. C’est cette aventure haute en
couleurs que l’ouvrage de Pierre-Emmanuel Roux retrace sous la forme d’un
journal mêlant souffle romanesque et rigueur académique. Fondé sur un vaste
corpus de sources — françaises, coréennes, britanniques — enrichi de collections
muséales et d’enquêtes de terrain, il fait dialoguer des voix multiples et offre
bien plus qu’un simple récit de tribulations dans des contrées lointaines.
L’épisode du Narwal bouscule l’idée d’une Corée foncièrement hostile à
l’Occident pendant l’époque du ChosÅn (1392-1897). Il révèle une politique
envers les étrangers infiniment plus complexe et illustre la subtile réalité des
contacts sur le terrain, où s’entremêlent pragmatisme, transgression et
humanisme. Il met aussi en lumière le rôle méconnu de la chasse à la baleine
dans les tentatives occidentales d’ouverture du ChosÅn, tout en soulignant que
Montigny fut sans doute le premier diplomate européen à fouler le sol coréen. En
définitive, l’affaire du Narwal s’impose comme un bel exemple de microhistoire
globale et un épisode inédit de la « préhistoire » des relations diplomatiques
franco-coréennes, avant le premier traité de 1886. Elle renouvelle ainsi notre
compréhension des premiers jalons d’une histoire commune trop souvent réduite à
la répression du catholicisme et à une série d’expéditions punitives.
Pierre-Emmanuel Roux est maître de conférences à l’université Paris Cité et
membre du Centre Chine Corée Japon de l’EHESS. Il est également co-rédacteur de
la revue Extrême-Orient, Extrême-Occident. Ses travaux se situent à
l’intersection de l’histoire des religions, du droit et des mobilités en Asie de
l’Est entre le XVIIe et le XIXe siècle. Il est notamment l’auteur de La Croix,
la baleine et le canon : La France face à la Corée au milieu du XIXe siècle
(Prix Auguste Pavie de l’Académie des sciences d’outre-mer. Traduction coréenne
à paraître en 2026) et d’Au tribunal du repentir : La proscription du
catholicisme en Chine (1724-1860) (Médaille Herbert Giles de l’Académie des
inscriptions et belles-lettres). Ses recherches sur l’histoire du Narwal lui ont
valu d’obtenir la citoyenneté d’honneur de la ville de Naju, en Corée du Sud.
Épuisé, en cours de réapprovisionnement
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Épuisé, en cours de réapprovisionnement
Le Narwal
€25,00 EUR
Fiche technique
EAN13
9782488413084
Éditeur
ATELIER CAHIERS
Auteurs
Pierre-Emmanuel Roux
Format
148 × 210 cm (épaisseur 10 cm)
Poids
427 g
Date de parution
09/06/2026
Collection
Essais
Catégories
Essai, Histoire
Pages
208
Reliure
Broché